Association du patrimoine artistique asbl

RAPHAEL KETTANI et PIET LINNEBANK


du 16 janvier au 7 février 2015

à l'espace d'expostion de l'Association
du patrimoine artistique
7 rue Charles Hanssens -1000 Bruxelles +32 2 512 34 21
info@associationdupatrimoineartistique.be
ouvert jeudi-vendredi-samedi de 14.00 à 18.00.

D'où vient ce langage d'entrelacs qui surgit en marge des cahiers des écoliers, qui prolifère en graffiti ou en signatures personnelles sur les murs, et qui consent parfois à se poser plus ambitieusement sur un support classique?

De très loin. C'est celui des Celtes et même au-delà celui des nomades des steppes d'Eurasie. On le retrouve aussi chez les Indiens d'Amérique. Il ressurgit encore en marge des manuscrits des moines irlandais. Nous le portons en nous comme une mémoire inconsciente de nos sources indo-européennes, comme une nostalgie de nos origines nomades, comme une pulsion de liberté face à l'esprit sédentaire et rationnel. C'est une expression née avant l'écriture et qui ressurgit souvent lors de son apprentissage, se rebellant devant la contrainte mentale induite par la progression linéaire et disciplinée de l'écriture, car elle soumet du même coup la pensée à ses processus d'abstraction.

Sans vouloir citer de nom, un vaste courant de l'art moderne y a cherché sa voie.

Raphael Kettani : 22 ans. Après de belles et sages études secondaires, il tente une école d'art. Les professeurs ont immédiatement voulu lui enseigner les conventions de l'art dit contemporain et lui proposer un exercice à la manière de. "Ce que vous me montrez est très intéressant, mais je veux désormais peindre et m'exprimer à ma manière", leur a-t-il répondu. Depuis, il travaille seul et sans relâche, et vit de son art exposant ses œuvres partout où il le peut.

Nous avons été séduits par cette volonté de ne pas se laisser assujettir et saisis par la conviction qui émane de ses œuvres elles-mêmes. Dans le même langage, toutes sont très différentes et reflètent l'esprit multilatéral d'une jeunesse qui n'est pas disposée à s'aligner, qui vibre au gré des pulsions physiques de l'instant. Dans un langage presque abstrait, rythmique, impulsif, elles expriment la vigueur des sensations et cette avidité d'exister toutes voiles dressées face au monde, sans s'en laisser conter, et en même temps en émane une formidable énergie. Mettre l'une de ces œuvres chez soi, l'emporter pour la regarder chaque jour, c'est une façon de se souvenir que nous portons chacun en nous la jeunesse du monde.

Face à l'académisme de l'art dit contemporain, à l'action de ses enseignants, de ses comités, ses jurys, commissaires, curators, conservateurs, investisseurs qui le contrôle implacablement, il nous semble urgent d'encourager l'existence d'une sorte d'amicale libertaire. Nous exposerons donc aussi au voisinage des œuvres de Raphael Kettani, celles de Piet Linnebank de trente ans son aîné. Ces deux artistes se sont immédiatement reconnus comme complices.

Pierre Loze

RAINER TAPPESER Songes de l'étendue

Rainer Tappeser a grandi dans une ville allemande en ruine et se souvient encore de son bonheur d'enfant de vivre dans un monde en reconstruction, où tout semblait possible. Il s'est formé ensuite dans les années 60 à Berlin ouest, dans cette ambiance si particulière d'une ville qui portait avec elle un idéal de liberté et un espoir de réunification. C'était entre 1962 et 1969, ces années où, aux États-Unis, l'art abstrait américain rencontrait ses limites, croisant sur sa route le coup du hasard, l'assemblage d'objets, ces années désinvoltes où naissait le Pop Art et le second degré, l'ironie, le clin d'œil au spectateur.

Il fallait peut-être l'ambiance et l'état d'esprit de cette ville si engagée pour garder cette conviction de plasticien, cette certitude que le langage de la forme et la recherche rigoureuse dans ce domaine ont toujours quelque chose à dire. Rainer Tappeser s'est engagé dans une voie qui prolonge celle qu'avait ouvert le Bauhaus, et a réalisé une œuvre de peintre, de dessinateur, de sculpteur d'une densité et d'une ouverture exceptionnelle. Il a présenté sa première exposition personnelle à Berlin en 1969. Dans les années 70 et 80, alors que l'art contemporain s'orientait vers un art basé sur des fondements conceptuels, spéculatifs, supporté par des installations, de l'imagerie, des références, il a maintenu ce cap, celui d'une expression en relation étroite avec la perception et la sensation, exprimée à travers des valeurs purement plastiques, considérées comme un langage en soi.

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JACQUES STERNBERG

Jacques Sternberg (1923-2006)

Ses collages et les dessins d’humour noir de ses amis

commissaire : Dominique Vautier


du 2 octobre au 1er novembre 2014

à l'espace d'exposition de l'ASSOCIATION DU PATRIMOINE ARTISTIQUE

Parti de rien, je ne suis arrivé nulle part, écrivait Jacques Sternberg. Né à Anvers, attiré par Paris à vingt-cinq ans, il s’y est battu pour faire publier ses premiers romans, y a finalement vécu toute sa vie et y a mené une carrière d’écrivain.

Auteur de contes brefs, de romans et journaliste, Sternberg est moins connu pour ses photomontages et collages. Quand il était jeune, les albums de gravures qu’il feuilletait, le faisait rêver. Après la guerre, ayant traversé les atrocités de celle-ci, découper ces vieilles estampes ne représentait plus à ses yeux un sacrilège. Il s’y est prêté avec d’autant plus de volupté que ce travail lui permettait de créer ces rencontres de rêve ou de cauchemar qu’il n’a eu de cesse de suggérer dans ses écrits. Ce sont ces collages, appartenant à une collection privée belge, que nous exposons. Réalisés à partir de gravures du XIXe découpées, dont les éléments sont juxtaposés et collés, ces créations nous emportent dans un monde irréel, poétique et absurde, où les hommes et les femmes sont absorbés par des tâches individuelles ou collectives dans des lieux décalés. Qu’il s’agisse d’une forêt tropicale, d’une mer déchaînée ou même d’un environnement urbain imaginaire, ces compositions sont troublantes par leur constante note d’insolite. Parfois, le simple fait d’introduire des éléments à des échelles totalement différentes suffit à produire cet effet d’inattendu.

Une autre partie de l’exposition témoigne de l’intérêt de Sternberg pour les dessins d’humour noir et des nombreux articles qu’il leur a consacrés. Après avoir découvert les dessinateurs d’humour anglo-saxons tels que Ronald Searle (1920-2011), Virgil Partch (1916-84), Saul Steinberg (1914-99), Charles Addams (1912-88)… publiés dans The New Yorker, Sternberg s’est tout naturellement tourné vers leurs homologues français ou étrangers venus comme lui pour être édité à Paris. Tandis qu’il écrit dans différents journaux et revues tels que Plexus, Arts, France Observateur, L'Express, Le Magazine Littéraire, France-Soir et Hara-Kiri, Sternberg introduit les dessins d’humour de ses amis dans ses articles. Il collabore activement aux nombreux volumes d’anthologies Chefs-d’œuvres de Planète sélectionnant textes et illustrations de 1964 à 1970. On lui doit les Chefs-d’œuvres de l’érotisme et du sourire (1964), du crime (1965), de l’amour sensuel et du rire (1966), du fantastique, de la bande dessinée (1967), du dessin d’humour et de notre enfance (1968), de l’épouvante, de la méchanceté et du rêve(1969), de la science-fiction et de l'humour noir (1970). Pour plusieurs de ces dessinateurs, Sternberg fut le premier à remarquer leur talent, à les encourager et à faire leur biographie sous forme de portrait. Il rédigera aussi les introductions de leurs publications personnelles et introduira certains d'entre eux dans le milieu artistique parisien, comme ce fut notamment le cas pour Roland Topor.

Nous avons, par bonheur, retrouvé dans le bureau de Jacques Sternberg un carton réunissant un grand nombre de dessins originaux d’artistes français et étrangers. En les rassemblant par thème et en les faisant dialoguer avec des extraits de textes de Sternberg, nous plongeons dans l’humeur et l’humour de l’auteur. Témoignage inattendu d’une époque, d’une France des années 60-70, dont on se prend aujourd’hui à regretter l’esprit décapant. Échos du goût de Sternberg pour l’absurde, son dégoût de l’humain, son refus de la société moderne, de horreur de la guerre et des absurdités qu’elle entraîne, sa sempiternelle peur de la mort mais aussi son éternelle passion de la femme…

Parmi les biographies de ces dessinateurs oubliés ou illustres, nous en avons réuni quelques-unes accompagnées de quelques dessins d’humour noir, absurde ou grinçant. A côté des plus connus tels que Maurice Henry, Testu Chaval, Mose, Jean Gourmelin, Bosc, Siné, Fred, Sempé, Wolinski, Folon , Reiser, Topor, Copi, Tomi Ungerer, Desclozeaux et Picha, on redécouvrira quantité d’autres dessinateurs tels que Richard Aeschlimann, Agnese, Allary, Arroyo, Baptiste, Beck, Blachon, Bonnot, Richard Cerf, Cohen, Colos, Coureuil, Bernard Cretin, Culot, f. de Constantin, Doh, Michel Douay, Ekler, Esspé, Favard, Fliar, Flora, Jean Fournier, André François, Garrance, Jacq O., Joël, Roland Kat, Khanh, Lakaz, Jean-Luc Lardelli, Jean Lauthe, Laville, Pierre Le Colas, Jean Margat, Mignard, Miot, Molines, Bernard Moro, Nitka, Jacques Noël, Otero, Patlan, Philippe, Prad, Puig Rosado, Pym, Ribot, Solo, Toupet, Trez, Vasco, Vip, Vitold, Wantz, Wiot, Hans Wühr, Ylipe, Zim…

Lors de la présente exposition, plusieurs interviews de Sternberg et le film Je t’aime, je t’aime (1968) de Resnais, dont il fut le scénariste, seront montrés.

Dominique Vautier

Avec la complicité des librairies Tropismes, Passaporta, Cook and Book, Filigranes, Quartiers Latins, Libris et A livre ouvert.

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PROLONGATION DE l'EXPOSITION jusqu'au samedi 14 juin Réalisme et Impressionnisme

Œuvres inédites Collection Barat-Venker

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SKATEBOARDS 1977-2003 exhibition
espace d'exposition
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Le jardin sauvage et l'origine du monde

Paul de Gobert

pauldegobert.over-blog.com/

Fils d'un couple d'artistes peintres, Paul de Gobert a appris dès l'enfance la maîtrise du dessin et de la peinture. Il les utilise comme langage pour exprimer sa vision du monde, et partager son goût pour la vie et la nature, et sa conception écologiste de l'environnement. Il s'est fait connaître très jeune comme peintre muraliste. Il a peint notamment sur les murs de la station de métro Vandervelde à Woluwé, un immense paysage de 800m2 évoquant le thème des quatre saisons. La peinture murale et la maîtrise du trompe-l'œil dans l'art monumental l'ont conduit à un dialogue avec le passant et sa peinture de chevalet reprend la même attitude avec le spectateur, en évoquant le monde qui nous entoure, sa beauté, le respect et l'attention que mérite la nature. Le sort des abeilles inquiète d'ailleurs plus Paul de Gobert que le souci de trouver une écriture ou un style personnel, l'ambition de se positionner dans les cercles de l'art ou encore la volonté de manifester son ego d'artiste créateur. Il trouve dans son environnement immédiat les sources d'un enchantement de chaque jour qu'il cherche à transmettre et partager. C'est avec les grands peintres du passé qu'il se mesure, tout en cherchant un langage de son temps. Au cours d'un hiver rigoureux, comme celui que nous venons de traverser, il peint à plusieurs reprises son jardin sous la neige, ou les flammes du feu dans la cheminée. Avec le printemps, il s'installe sous un parapluie et prend pour sujet les pommiers dont les fleurs éclosent, ou le vert tendre de jeunes pousses qui se montrent. Avec l'été, chaque pomme de son jardin lui lance le défi d'un portrait. Promeneur infatigable, il part aussi dès l'aube, avec son carnet et ses aquarelles, et peint le petit bois sauvage qui avoisine sa maison, ou les arbres de la forêt de Soignes. Il parcourt les chemins du Kauwberg à travers les prés perlés de rosée et dessine les herbes et fleurs des chemins, prenant aussi en amitié l'ortie ou la ronce. Il fait de même des visages de ses visiteurs, se faisant volontiers portraitiste. Grand voyageur, il pratique la même curiosité à l'égard des pays proches ou lointains qu'il traverse. Son livre Visages de Mongolie en témoigne, auquel répondent sa Traversée de Bruxelles ou son Guide de promenades vertes aux alentours de Bruxelles, expériences du voyage d'ici ou de là-bas, manifestation d'un art qui ne s'enferme pas dans lui-même, mais qui trouve les chemins de traverses pour nous ramener au monde.


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La saison 2013-2014

Après le succès de l'exposition sur les Impressionnistes belges inédits (jusqu'à 70 visiteurs par jour), nous avons réalisé à quel point le public reste désireux de mieux connaître l'œuvre d'artistes du XIXe et du début du XXe siècle dont nos musées ont fait apprécier la qualité et ont construit la réputation, mais dont l'essentiel de la production circule dans des collections privées. Aussi montrerons-nous en avril 2014, exactement à la même période que al'exposition de la saison passée, une sélection d'une quarantaine d'œuvres des années 1870-1890, sous le titre Le Réalisme et l'Impressionnisme en Belgique. Elle s'attachera à retracer la naissance précoce de la peinture de plein air et à mettre en lumière le renouveau artistique qu'elle apporta dans l'art en Belgique.

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Impressionnistes belges inédits

du 15 février 2013 au 30 mars 2013
jeudi-vendredi-samedi de 14h30 à 18h30


L'exposition que nous présentons au public est basée principalement sur le travail de deux collectionneurs avisés qui, par une sélection sans concession, ont su réunir, en quelques décennies, des œuvres de très grande qualité. Leur intérêt s'est porté sur les précurseurs de l'impressionnisme en Belgique que sont Boulenger, Artan et Baron, mais aussi sur Agneessens, Asselbergs, Bellis, Binjé, Claus, Courtens, Frank, Van der Hecht, Heymans, Marcette, Meyers, T’Scharner, Verdyen, Verheyden et Verstraete. Par une connaissance très fine de la carrière, du talent et de la main de chacun de ces artistes, ils ont su identifier, attribuer, documenter et parfois remettre au jour, par de délicates restaurations, des œuvres d'artistes guettés par l'oubli.


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Henri Quittelier. Œuvres symbolistes 1906-1914
exposition du vendredi 18 janvier 2013 au samedi 2 février 2013
Henri Quittelier avait une vingtaine d'années lorsqu'il conçut des œuvres dans le goût symboliste qui régnait aux alentours des années 1900. Il apportait dans ces créations un sens de la couleur et des effets lumineux et une fraîcheur d'inspiration remarquables. A sa façon, il a participé à l'ambiance intellectuelle de ces années où se mêlaient en une intéressante synthèse, divers courants d'inspiration classiciste, idéaliste, symboliste et impressionniste, ainsi que des préoccupations pacifistes européennes. De cet esprit artistique témoignent notamment les décorations intérieures des hôtels de ville de Saint-Gilles et de Schaerbeek. Pour ce dernier, Quittelier se chargea en 1911 de concevoir les cartons de vitraux sur le thème des quatre actes de la vie civile, des quatre éléments, des quatre âges et des quatre saisons.
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Robert Decerf ensemblier-décorateur, créations des années 1920-1930. Exposition de dessins aquarellés

exposition du 16 février au samedi 14 décembre


Lors de la préparation de l'exposition sur les Arts Déco en Belgique (1920-40) (tenue au musée d'Ixelles en 1988 et accompagnée d'une importante publication devenue un ouvrage de référence), le nom et l'activité de Robert Decerf avaient complètement échappé à nos investigations, n'apparaissant pas dans les revues de l'époque. Il est vrai que, parfois, des artistes très actifs n'ont guère de temps à consacrer à la publication de leurs travaux, et se contentent d'une notoriété parmi une belle clientèle.

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