Association du patrimoine artistique asbl

Bibliographie

Denis Coekelberghs

Né en 1940, Denis Coekelberghs obtint le titre de docteur en Histoire de l’Art en 1975 avec une thèse soutenue à l’Université catholique de Louvain publiée dès 1976 sous le titre ?Les peintres belges à Rome de 1700 à 1830?. De nombreux séjours à Rome mirent D.C. en contact avec le milieu de la recherche en Histoire de l’art qu’on y rencontre. Ils le confirmèrent dans son intérêt pour les rapports et échanges artistiques avec l’Italie dans la mesure où cet angle de vue permet de mieux comprendre le développement de bien des courants et apporte souvent des lumières indispensables à la connaissance des artistes.

Initialement limité au XVIIIe siècle, il apparut à D.C. que le champ de sa recherche de doctorat devait être étendu aux premières décennies du XIXe. L’analyse du séjour italien des artistes en question laissait apparaître en effet qu’un dynamisme remarquable animait la vie culturelle en Belgique dès les années 1760-70 et n’allait pas être interrompu par les années troublées autour de 1800. Au contraire. C’est pourquoi D.C. songea à approfondir l’étude de l’art en Belgique à l’époque néo-classique. En résulta en 1985 une exposition au musée communal d’Ixelles intitulée 1770-1830. Autour du Néo-classicisme en Belgique dont le catalogue fait date dans l’historiographie de l’art en Belgique (Voir le compte rendu de P. Rosenberg dans le Burlington Magazine, décembre 1986, p.922-923).

Ces travaux connurent des prolongements sous la forme d’une autre exposition, en 1987, au Pavillon des Arts à Paris, intitulée Autour de David. Le néo-classicisme en Belgique. Dans la foulée, D.C. et Pierre Loze furent invités en 1989 au Louvre, au colloque “David contre David” au cours duquel ils firent le point sur David à Bruxelles et la peinture en Belgique. La collaboration de l’Association du Patrimoine artistique fut aussi sollicitée la même année pour la rédaction de notices du catalogue La Révolution française et l’Europe (Paris, Petit Palais). Une exposition monographique consacrée par Alain Jacobs et Pierre Loze au peintre néo-classique André Corneille Lens (Anvers et Tourcoing, 1989), fut un autre prolongement de l’exposition d’Ixelles. Etait aussi apparue la nécessité de consacrer une monographie au peintre F.J. Navez . C’est ainsi que D.C., Pierre Loze et Alain Jacobs, publièrent en 1999 l’ouvrage François-Joseph Navez. La nostalgie de l’Italie qui fait ressortir la place occupée par cet artiste dans l’art belge au XIXe siècle. Dans ce même contexte, D.C. a publié en 2000 dans le catalogue de l’exposition Bruxelles, carrefour de cultures, une étude sur les années bruxelloises de J.-L. David, artiste dont il apparaît maintenant clairement que Navez partagea étroitement les ultimes préoccupations esthétiques.

Ces travaux s’inscrivent dans le cours d’une carrière qui avait débuté en 1967, année où D.C. entra comme collaborateur scientifique à l’Institut royal du Patrimoine artistique à Bruxelles (IRPA) alors dirigé par feu René Sneyers. Affecté au ?Répertoire photographique du mobilier des sanctuaires de Belgique? (province de Brabant), D.C. remplit cette tâche tout en menant à bien sa thèse de doctorat . En 1978 se situe sa rencontre avec Pierre Loze, événement qui, avec la création un an plus tard de l’Association du Patrimoine artistique, jouera un rôle déterminant. C’est en effet P. Loze qui assistera D.C. dans la direction d’une équipe de 10 historiens et historiens de l’art que D.C. avait reçu pour mission d’encadrer à l’IRPA. L’objectif du programme était de donner un prolongement scientifique au ?Répertoire photographique?. Une première étape fut franchie dès 1979 avec la réalisation, en collaboration avec la Société royale d’Archéologie de Bruxelles, d’une exposition tenue en l’église Notre-Dame de la Chapelle intitulée Trésors d’art des églises de Bruxelles.

Sur la base de l’expérience acquise, il fut décidé d’entreprendre l’étude systématique du patrimoine belge sous la forme de monographies. La direction de l’IRPA convint de tester la formule sur une église bruxelloise. Le choix se porta sur l’église du Béguinage. A cette fin une équipe dirigée par D.C. et Pierre Loze fut à nouveau constituée et accueillie à l’IRPA, et la collaboration avec la Société d’Archéologie et l’APA reconduite. Il en résulta une monographie sur L’église Saint-Jean-Baptiste au Béguinage de Bruxelles et son mobilier qui sortit de presse en 1981. Entre-temps D.C. avait suscité en 1979 la création de l’Association du Patrimoine artistique dont François Persoons, Secrétaire d’Etat à la Communauté française, et France Borel, membre de son cabinet., avaient perçu l’utilité. D.C. fut choisi comme administrateur délégué. Grâce à des crédits exceptionnels, il fut procédé à diverses restaurations de tableaux du XVIIe s., notamment de Théodore Van Loon représenté par six oeuvres importantes à l’église du Béguinage. Le chef du Département des archives de l’IRPA, Raf Van de Walle, s’opposa toutefois à la poursuite du projet de monographies d’églises.

D.C. donna dès lors une orientation nouvelle à ses travaux en les axant sur ?La situation artistique en Belgique aux alentours de 1800?, le choix de cette période étant justifié par la connaissance qu’il en avait acquise par ses recherches de doctorat. La collaboration de la Société royale d’Archéologie de Bruxelles fut à nouveau obtenue et un appui supplémentaire fut apporté par l’APA. Un premier objectif fut atteint par la publication en 1983 de l’ouvrage Un ensemble néo-classique à Bruxelles: Le Grand Hospice et le quartier du Béguinage, résultat du travail d’une équipe dirigée par D.C. et Pierre Loze. Le programme fut ensuite poursuivi par la préparation de l’exposition 1770-1830. Autour du Néo-classicisme en Belgique, dont il a déjà été question plus haut.

Malgré le retentissement de cette exposition dans le monde de l’Histoire de l’art, malgré la valorisation qu’elle apportait à la réputation de l’IRPA en Belgique et à l’étranger, malgré les progrès apportés à la connaissance, donc à la protection, d’un large pan négligé du Patrimoine national, le chef du Département des archives, suivi par la nouvelle direction de l’IRPA, considéra qu’il fallait mettre fin au travail scientifique de D.C. qui demanda en juillet 1986 “une pause -carrière” de 5 ans au terme de laquelle il présenta sa démission.

A la fin 1986, D.C. mit ses compétences au service de la Galerie d’Arenberg (S.A.) à Bruxelles dont il devint administrateur et actionnaire. Il participa dès lors à la direction et à la gestion de cette société qui se fit connaître par ses catalogues scientifiques consacrés à la peinture et à la sculpture européennes du XVIe au XIXe siècles. Par des contacts privilégiés noués avec la société Brimo de Laroussilhe à Paris, il eut aussi l’occasion de participer régulièrement à l’étude d’importantes oeuvres d’art médiévales et Renaissance. Pour des raisons de convenance personnelle et de restructuration de la société, D.C. se retira de la Galerie d’Arenberg en 1995.

Son passage par le commerce d’art de haut niveau, avec les exigences de rigueur que cela implique (la clientèle de la galerie d’Arenberg étant essentiellement constituée de musées), fut l’occasion d’étendre son champ d’investigation. Sa fréquentation continue des oeuvres d’art, la nécessité de porter sur celles-ci un jugement dans lequel les critères d’authenticité, de qualité et d’originalité sont prépondérants, confirmèrent D.C. dans son approche sélective de l’Histoire de l’art et son goût de l’investigation dans les périodes ou les courants négligés de l’Histoire de l’art.

Honoré du titre d’officier de l’Ordre de Léopold II en janvier 1990, D.C. a été membre de l’Institut historique belge de Rome de 1966 à 1975, et titulaire de diverses bourses de voyages en Italie octroyées par la Fondation nationale Princesse Marie-José entre 1968 et 1974. Il a aussi été lauréat du concours des bourses de voyage en 1977 (Ministère de l’Education nationale et de la Culture), titulaire du Prix Lavalleye-Coppens décerné en 1978 par l’Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, Classe des beaux-arts, et lauréat du Quartier des Arts (Bruxelles) en 1993 pour la restauration d’une maison du XVIIIe siècle dans le centre de Bruxelles. Il est membre fondateur et administrateur délégué de l’Association du Patrimoine artistique depuis 1979, membre de l’Académie royale d’Archéologie de Belgique depuis 1972, administrateur de la Société royale d’Archéologie de Bruxelles depuis 1978, administrateur depuis 1975 de la Fondation nationale Princesse Marie-José dont il fut le secrétaire général de 1975 à 1998; il a été administrateur de la Galerie d’Arenberg (s.a.) de 1986 à 1994.