Association du patrimoine artistique asbl

EXPOSITION Rassenfosse

Armand Rassenfosse (1862 - 1934)

Un dessin si particulier

Association du Patrimoine artistique - 7 rue Charles Hanssens - 1000 Bruxelles

+ 32 25 12 34 21

Reprise de l'exposition à partir du jeudi 3 septembre jusqu'au samedi 24 octobre 2020

sur rendez-vous : envoyez-nous un mail en fixant un jour et une heure pour que nous puissions planifier au mieux votre visite: as.pat.art@gmail.com

jeudi, vendredi ou samedi de 14 à 18 heures

La pudeur est un délicieux mystère : elle dessine les contours de l'intimité, mais confère aussi son charme à la volupté. Elle est la condition de la beauté de la nudité, car elle révèle l'âme en même temps que le corps, et c'est elle qui enflamme la tendresse amoureuse.

Elle est au cœur de l'œuvre de Rassenfosse qui en a exploré toutes les facettes, les nuances et les limites, avec une constance et une continuité extraordinaires. Cette attitude en fait un artiste hors du temps, tout entier livré à une passion charnelle, très maîtrisée, subtile, se montrant plein de retenue, comme pour la faire durer, sans vouloir l'épuiser par le moindre excès.

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La ligne tendre et dansante d'Armand Rassenfosse ERIC MIN

Le peintre et dessinateur liégeois Armand Rassenfosse (1862-1934) est peut-être l'un des mystères les mieux gardés de l'art de la fin de siècle. Le fait que son nom ait été longtemps mentionné aux côtés de celui de Félicien Rops (1833-1898) en est la raison. Il était difficile de rester dans l'ombre de ce "graveur du Royaume de Satan", l'illustrateur le mieux payé de Paris : la réputation sulfureuse de Rops en faisait le représentant idéal d'un symbolisme métropolitain, sensuel, aux traits sataniques. C'est lui - considéré comme « le seul artiste belge qui comptait vraiment » - qu'avait choisi son ami le poète, Charles Baudelaire, pour illustrer son œuvre. Avec ses dessins passionnants et son grand talent de provocation, Rops était "le Talk of the Town" à Paris.

En 1888, Rassenfosse, âgé de vingt-six ans, fait son apparition dans l'atelier de Rops à Paris. C'était une véritable admiration pour le maître qui le conduisait là, mais aussi un grand intérêt pour les aspects techniques de la gravure qu'il avait appris presque en autodidacte. Les deux hommes, devenus bons amis, ont échangé des trucs et astuces, puis développé ensemble le "vernis mou" transparent, appelé Ropsenfosse. Et tout comme son grand modèle, le Liégeois a commencé à faire des dessins pour illustrer des livres. Sa plus importante réalisation est sans aucun doute l'illustration des 158 poèmes du magnum opus de Baudelaire Les Fleurs du mal pour une édition bibliophile, parue en 1899 dans une édition à 130 exemplaires.

Heureusement, l'histoire de Rassenfosse ne s'arrête pas là. L'artiste survivra à Rops pendant plus de trente ans et travaillera au développement d'une œuvre, non conventionnelle et personnelle, qui passera sans effort du symbolisme sensuel des beaux joursde la findu XIXesiècle à la ligne Art Déco la plus libre et la plus simple.

Ceux qui découvriront l'exposition actuellement présentée à l'Association bruxelloise du Patrimoine artistique - montrant une collection privée d'un particulier que l'on envie volontiers - auront le privilège de se familiariser avec à peu près tous les aspects de l'œuvre de Rassenfosse. Dans les œuvres créées avant le début du siècle, on ne peut nier l'influence de Rops : le jeune homme partage avec le maître sa nette préférence pour le nu, ou plutôt le demi-nu extrêmement ropsien mi-vêtu qui garde ses chaussures ou son chapeau. Mais du programme littéraire et libertin de Rops, Rassenfosse ne retiendra finalement que la tendresse, la vulnérabilité des jeunes femmes exposées nues à notre regard. Même nuance lorsque tous deux s'adonnent à leurs feuilles de dessin: voluptueuses, dures et méchantes chez Rops, les modèles deviennent prudentes et fragiles chez Rassenfosse. Ils rayonnent de candeur et de patience, voire de doute. Ils n'expriment que rarement des conflits ou tensions érotiques manifestes. La technique du pastel contribue également à l’ambiance, tout comme chez Degas. Mais la main de l'artiste est toujours aussi précise sur le papier lorsqu'elle évoque un corps dansant, propose une caricature ou dessine le portrait d'Henri de Toulouse-Lautrec. Au fil des années, les dessins de Rassenfosse - tout comme les formes de ses modèles - deviennent plus ronds. Qu'il s'agisse d'une mère qui allaite son bébé dans la quiétude ou d'une femme attendant frémissante dans ses draps ce qui va arriver, l'artiste évoque toujours aussi justement les hiercheuses, ces courageuses jeunes femmes qui travaillaient dans l'industrie houillère liégeoise. Elles ne sont pas dépeintes comme des proies faciles ou comme des prolétaires exploitées, ce qu'elles sont en réalité, mais comme de douces et aimables voisines qui posent pour ce peintre gentil et étrange qui veut faire leurs portraits. Rassenfosse ajoute souvent une sorte de sfumato qui adoucit les contours et donne à ses dessins une atmosphère de rêve.

Les femmes sont rarement triomphantes. Elles sont juste elles-mêmes, et ont été extrêmement chanceuses que la douce main d'un grand artiste les ait déposées sur un lit de papier. La subtilité et la tranquillité sont au cœur de cette œuvre; la profusion et l'excès lui sont étrangères.Et comme dans un galant du XVIIIe siècle, Rassenfosse prend le temps de faire valoir son point de vue. Toute hâte serait une erreur.

De tedere, dansende lijn van Armand Rassenfosse ERIC MIN

Misschien is de Luikse schilder en tekenaar Armand Rassenfosse (1862-1934) wel een van de best bewaarde geheimen uit de kunst van het fin-de-siècle. Dat zijn naam lange tijd in één adem met die van Félicien Rops (1833-1898) werd genoemd, heeft daar allicht alles mee te maken. Het was lastig vertoeven in de schaduw van deze ‘etser van het Rijk van Satan’, zoals de bestbetaalde illustrator van Parijs werd genoemd: Rops’ sulfureuze reputatie maakte van hem de ideale vertegenwoordiger van een grootstedelijk, sensueel symbolisme met satanische trekjes. Hij was het die – als ‘enige Belgische kunstenaar die er écht toe deed’ – door zijn vriend de dichter Charles Baudelaire werd uitverkoren om zijn werk te illustreren. Met zijn opwindende tekeningen en een groot talent voor provocatie was Rops in Parijs‘the Talk of the Town’.

In 1888 maakte Rassenfosse, zesentwintig jaar jong, zijn opwachting in Rops’ Parijse atelier. Het was oprechte bewondering voor de meester die hem dreef, maar evengoed een grote interesse in de meer technische aspecten van de etskunst die hij als quasi autodidact had geleerd. De beide mannen werden goed bevriend, wisselden tips en trucs uit en ontwikkelden samen een doorzichtige‘vernis mou’,dieRopsenfossewerd genoemd. En net als zijn grote voorbeeld ging de man uit Luik tekeningen maken voor boeken. Zijn grootste project was ongetwijfeld de illustratie van alle 158 gedichten uit Baudelaires magnum opusLes Fleurs du malvoor een bibliofiele editie, die in 1899 verscheen in een oplage van 130 exemplaren.

Gelukkig is het verhaal van Rassenfosse daarmee niet ten einde. De kunstenaar zou Rops meer dan dertig jaar overleven en werken aan de uitbouw van een even eigenzinnig als herkenbaar oeuvre, dat moeiteloos de stap zet van het broeierige symbolisme uit de hoogdagen van de negentiende eeuw naar de meer vrijgevochten en ongecompliceerde lijnvoering van de art deco. Wie de tentoonstelling bezoekt die momenteel te zien is bij de Brusselse Association du Patrimoine artistique, en waarvoor gretig kon geput worden uit de privéverzameling van een collectioneur, geniet het voorrecht om kennis te maken met zowat het hele parcours dat Rassenfosse heeft afgelegd. Het zou misplaatst zijn om in de werken die voor de eeuwwisseling ontstaan Rops’ invloed te ontkennen: ook zijn Luikse collega heeft een duidelijke voorliefde voor het naakt – of liever het uitermate Ropsiaansedemi-nuvan het model dat haar schoenen of haar hoed aanhoudt. Maar van Rops’ literaire en libertijnse programma houdt Rassenfosse slechts de tederheid over, de kwetsbaarheid van jonge vrouwen die aan onze blik worden blootgesteld. Dat voel je ook aan de lijnen die de beide mannen op hun tekenblad trekken: wellustig, hard en hanig bij Rops, voorzichtig en breekbaar bij Rassenfosse. Zijn modellen stralen pudeur en geduld uit, twijfel zelfs. Zelden is er sprake van conflict of van openlijke erotische spanning. Ook de techniek van het pastel draagt daaraan bij, net als bij Degas. Maar altijd is de hand van de kunstenaar even trefzeker, ook als hij een dansend lichaam schetst, een karikatuur neerzet of een portret van Henri de Toulouse-Lautrec op het papier gooit.

Met de jaren worden Rassenfosses tekeningen – net als de vormen van zijn modellen – ronder. Tevreden zoogt een moeder haar baby, langoureus wacht een vrouw tussen de lakens op wat komen gaat. De kunstenaar introduceert het thema van dehiercheuses, meisjes die werken in de Luikse steenkoolindustrie. Zij worden niet afgebeeld als gemakkelijke prooien of als de uitgebuite proletariërs, die zijn in werkelijkheid zijn, maar als zachtaardige, begrijpende buurmeisjes die wel even willen poseren voor de aardige vreemde man die hun portret wil maken. Vaak brengt Rassenfosse op zijn tekeningen een soort vansfumatoaan dat de contouren verzacht en de voorstelling een dromerige sfeer verleent. Triomferen doen zijn vrouwen zelden. Ze zijn gewoon zichzelf, en ze hebben ongelooflijk veel geluk gehad dat de zachte hand van een groot kunstenaar hen op een bed van papier heeft neergelegd. Subtiliteit en rust vormen de kern van dit oeuvre; overmaat en overdaad zijn hem vreemd. Haast zou een vergissing zijn.